Le préjugé de race aux Antilles françaises (1883)

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« L’histoire de la société coloniale, de ses origines, de son développement à travers deux siècles, de ses dissensions, manque encore à notre pays. Répugnant par nature aux explications toutes faites, j’ai voulu me rendre compte d’un antagonisme où les souvenirs de l’esclavage et de lois d’exception se confondent avec les ressentiments laissés par les luttes civiles. C’est le résultat de cette étude que je livre aujourd’hui au jugement de mes concitoyens, en leur demandant d’avoir pour mes intentions une justice égale à mon affection pour tous. Au milieu des passions actuelles j’ai essayé de m’isoler comme un spectateur étranger, et j’ai écrit avec impartialité l’histoire épisodique de nos discordes civiles depuis trente-cinq ans. Cette tâche délicate, les circonstances ne semblaient pas la favoriser. J’ai persisté néanmoins. Dans le champ bien large ouvert devant moi, je n’ai tracé qu’un sillon ; d’autres viendront à leur tour et remueront plus profondément le sol. Puissent-ils y voir germer et fleurir la semence de concorde et de paix déposée au milieu de nous par l’Évangile ; et dont les générations à venir, plus heureuses peut-être, recueilleront la tardive moisson ! ». G. Souquet-Basiège Saint-Pierre (Martinique) 10 mai 1883. Nous livrons ici telle qu’elle a été publiée en 1883 une des premières études des rapports de « races » et de classes dans la société post-esclavagiste des Antilles françaises. Document subjectif mais précieux qui tente de comprendre le changement provoqué par l’abolition de 1848.

Préface de Germinal Pinalie lisible sur Médiapart

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